Sully, l’histoire d’un miracle humain ?

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A l’approche de Noël, l’actualité internationale était amère et décourageante (les bombardements à Alep, une situation qui nous révolte et à laquelle nous ne comprenons pas tout, une attaque sournoise au camion-bélier dans un marché de Noël de Berlin…), il me fallait une note d’espoir, un encouragement du monde qui nous entoure. Alors, je suis allée voir Sully, le film de Clint Eastwood avec Tom Hanks dans le rôle-titre.

Chacun se souvient de cette histoire extraordinaire qui a fait le tour des rédactions mondiales le 15 janvier 2009. L’aéronautique n’est pas ma tasse de thé mais l’équation gagnante : une histoire vraie qui ne se termine pas en fait-divers + la réalisation de Clint Eastwood, génial raconteur d’histoires + le jeu scénique époustouflant de Tom Hanks m’a rapidement convaincue.

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Au même titre que le commandant Sullengerger  réalisé l’amérissage parfait sur l’Hudson un jour d’hiver, Tom Hanks et Clint Eastwood nous ont livré une leçon de cinéma.

Au début du film, je me suis dit si l’incident s’est passé deux minutes après le décollage, l‘intrigue va être vite pliée. Et c’est d’ailleurs le génie du scénario, il s’agit d’une succession de flash-backs au rythme de l’enquête qui donnent tout le suspense de cette histoire : les cauchemars du pilote, les brèves trajectoires personnelles des passagers dans l’aéroport juste avant le décollage. Ainsi cette habile succession de scènes provoquent une intensité dramatique : sans l’expérience et l’expertise du commandant de bord, les 155 passagers et membres d’équipage seraient morts.

Le principal thème de cette histoire est l’emballement médiatique autour de cette histoire difficile à vivre pour le pilote. Personne ne lui laisse le temps de digérer cette situation extraordinaire : les journaux en continu harcèlent sa famille devant leur maison, empêchant Sully de pouvoir communiquer sereinement avec sa femme et ses filles, les enquêteurs de la compagnie d’assurances de la compagnie aérienne cherchent la petite bête pour lui faire porter cette responsabilité et ne pas assumer les leurs. Le statut de héros ayant accompli est difficile à assumer pour un homme…

Sully est aussi le prétexte d’une réflexion sur le profit. Les pilotes ont la responsabilité d’avions de ligne qui coûtent des millions de dollars. Le fait que le facteur humain ne soit pas suffisamment pris en compte par cette compagnie d’assurances tout au long du film m’a profondément révoltée. La scène finale du film est extraordinaire. Sully et son copilote Jeffrey Skiles entrent dans cette salle comme au tribunal, ils doivent rendre des comptes et ils jouent la suite de leur carrière. On les humilie avec des simulations qui ne prennent pas en compte le facteur humain comme si les pilotes étaient des robots et heureusement l’expertise de Sully fera la différence, son argumentation ne trouvera aucune contradiction.

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La conclusion du pilote Sully est magnifique d’humilité : il explique que cet amerrissage parfait dépendait aussi de l’attitude des 154 passagers et membres d’équipage, des 2000 sauveteurs et conducteurs de ferry qui ont fait preuve d’un sang-froid exemplaire en un court laps de temps.

Ce jour-la New-York a montré son plus beau visage, la ville s’est retroussée les manches, s’est entraidée pour sauver la totalité des passagers en un temps record. Quand un sauveteur a dit à un passager : « Personne ne va mourir aujourd’hui » il s’agit bien évidemment d’une référence à ce jour terrible du 11 septembre 2001 qui a traumatisé le monde occidental.

Réfléchissons à l’emballement médiatique autour d’événements sordides et meurtriers, que les gens qui aiment leur prochain, ces inconnus de New York ou de Paris le 13 novembre 2015 qui ont secouru d’autres gens au péril de leurs vies soient mis en valeur plutôt que de médiatiser en boucle des gens qui sèment la mort et la haine.

Enfin, Dieu est le grand absent de cette histoire, personne ne le mentionne dans le film. Pourtant, tout au long de ce film, je ne pouvais pas me résoudre à croire que toutes ces circonstances heureuses seraient le fruit du hasard : un amerrissage parfait sur un fleuve gelé, une première dans l’histoire de l’aéronautique, l’instinct du pilote qui n’a pas compté sur son deuxième moteur foutu pour rejoindre une piste trop lointaine qui aurait mené à un crash, le fait qu’aucun des passagers n’ait été tué…

Le miracle est le sujet principal de ce film, il est rare donc précieux dans notre société actuelle. Avoir réalisé ce miracle se révèle être difficile à porter pour Sully et sa famille, même les issues heureuses comportent des effets post-traumatiques pour les hommes.

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And you and me are free to be….la la la

Cette semaine c’est la fête de Pessah pour la communauté juive : la sortie d’Egypte des Hébreux esclaves du Pharaon depuis des générations. Alors hop un petit dessin animé musical  très beau et joyeux pour illustrer ce beau message d’espoir.

J’aime beaucoup le graphisme très simpliste et élaboré à la fois, la petite chanson entraînante au banjo et la fidélité au texte biblique. On reconnait tout de suite Moïse, celui qui conduit son peuple vers la liberté avec son bâton.

Depuis que je suis enfant, j’ai toujours été impressionnée par l’image de la mer qui s’ouvre en deux pour laisser passer le peuple hébreu. C’est là l’expression de toute la puissance de Dieu qui n’aime pas l’injustice et le mépris qui touchent ses enfants.

Dans nos vies personnelles, on vit aussi des périodes de persécution injuste où Pharaon prend la forme d’un supérieur abuseur, d’une figure d’autorité qui a des mots durs et une attitude injuste à votre égard mais rassurez-vous la sortie d’Egypte est proche. La mer se refermera sur vos ennemis qui vous pourchassaient et vous n’entendrez plus jamais parler d’eux…

C’est ça le message de Dieu pour nous, ce n’est pas une légende imagée pour impressionner les petits enfants, c’est la démonstration de la puissance et de la fidélité de Dieu dans nos vies.

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La foi est la ferme assurance des choses que l’on ne voit pas tout de suite…

 

L’année dernière, j’ai voulu faire une grande fresque avec les enfants de mon église. A format monumental, il fallait une histoire monumentale à regarder.  L’un des miracles de Jésus était le sujet idéal parce que c’est extraordinaire et saisissant. Grâce à des pochoirs, l’histoire de la multiplication des pains et des poissons était évidente pour les enfants.

On a donc disposé des silhouettes d’inconnus en gris pour représenter les cinq mille personnes à nourrir, cela peut être toi et moi aujourd’hui ainsi que les cinq pains et deux poissons qui se sont multipliés par la grâce de Dieu.

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Les cinq mille personnes nourries par Jésus, cela peut-être toi, moi aujourd’hui…

J’aime beaucoup cette histoire de l’évangile de Marc qui nous incite à vivre par la foi. Cela me rappelle le témoignage de Heidi Baker dans ses livres : comment Dieu lui permet de nourrir autant d’orphelins au Mozambique en demandant simplement au Seigneur de pourvoir.

Rappelons nous de ce genre de réflexe tout simple dans nos sociétés occidentales où nous n’avons pas l’habitude d’avoir faim, de manquer.

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L’autre anecdote géniale par rapport à cette histoire de l’Evangile, je l’ai lue dans le livre Je t’aimerai quand même d’Anne Merlo.

C’est l’histoire d’un couple qui avait peu de moyens pour offrir un repas de noces à leurs invités. Ils avaient cuisiné eux-mêmes une dizaine de cocottes contenant du riz et du poulet mais malheureusement les plats avaient tournés, une odeur infecte s’en dégageait et ils ne pouvaient rien servir. Sauf une minuscule cocote restée intacte. La mariée était totalement dépitée mais elle s’est mise à servir les assiettes et miracle chacun a pu être servi.

Dieu pourvoit pour ses enfants et les enfants qu’on enseigne le dimanche matin à l’église comprennent très bien le message.

Tutoriel pour une animation pour les enfants à l’église :

Pour réaliser une grande fresque, il vous faut une immense bande de papier peint déroulable pour plus de solidité ou a défaut une nappe en papier mais  c’est fragile. Des tubes de peinture acrylique ou gouache, fabriquer des pochoirs pour les silhouettes, les pains et les poissons et enfin des éponges pour tamponner la forme des pochoirs.

Dans un prochain article : Coloriage biblique pour petits et grands.

 

La femme au tableau, quand les femmes peintes par Klimt émeuventles foules.

Bonne surprise du jour : deux étudiantes en histoire de l’art à l’université de la Sorbonne, Coralie et Marie ont relayé un de mes articles Elle s’appelait Adèle Bloch-Bauer, la Joconde de l’Autriche nazie était juivedans leur blog universitaire Klimt et la féminité.

Certes, je ne suis pas une juriste qui maîtrise la restitution des œuvres d’art  aux familles spoliées sur le bout des doigts ou une doctorante qui analyse l’oeuvre de Klimt et de la Sécession viennoise.

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Je suis une libraire spécialisée dans les librairies de musées qui constate que Klimt séduit aussi bien les amateurs d’art éclairés, que les novices qui vont peu souvent au musée, comme en témoigne la multitude de produits dérivés dans les boutiques de souvenirs à Paris alors que nous n’avons pas de tableaux emblématiques de Klimt dans nos musées.

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Les femmes qu’il peint nous fascinent et nous émeuvent, l’usage de l’or les rendent éternelles et intemporelles. Grâce à ce film La femme au tableau, je ne percevrai plus jamais un portrait peint de la même manière. Cette femme Adele Bloch-Bauer est devenue un symbole malgré elle, après sa mort.On s’est emparé de son image, spoliant sa famille avec violence et jalousie car ils étaient des grands mécènes de la peinture, de la musique classique…

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Régulièrement, on retrouve des tableaux rares qui ont été spoliés à des familles juives comme récemment le fameux Modigliani , révélé par les Panama papers et dissimulé dans une société offshore depuis 1996. Combien de familles juives ont mené un combat semblable à celui de Maria Altmann pendant des décennies?.

 

Ose te confier au Dieu médecin.

maladies-de-la-vie-spirituelle-les-3eme-editionVoici un essai qui vous dévoile une facette de Dieu que l’on ne cherche pas forcément : Dieu est un médecin devant qui il est bon  d’exposer son mal pour être guéri. Voila ce qu’annonce la 4eme de couverture du livre de Daniel Bourguet : Les maladies de la vie spirituelle, éditions Olivétan, 10€50.

Relevons le magnifique travail d’éditeur à travers cette 4eme de couverture qui montre en quoi ce livre est un précieux outil de secours.

Il rappelle  l’importance du chemin tracé par Dieu pour l’homme : vivre c’est aimer et vice-versa. Mais quelque fois l’homme bute sur une embûche ou se perd dans une impasse en suivant d’autres passions. L’attachement excessif à ces passions définit la maladie spirituelle.

Dans un style proche de la retraite, Daniel Bourguet pasteur réformé et prieur de la communauté des Veilleurs (son portrait à lire ici dans le journal La Croix) tutoie son ami-lecteur avec une grande fraternité. Il s’adresse à un public ayant une relation personnelle avec Dieu, qui croit et espère en Lui.

Son propos se devise en trois parties : La présentation de Dieu-médecin, une consultation divine et enfin, la médecine des Pères, dernière partie qui a suscité mon attention en particulier. Divisé en seize sous-parties très bien construites car elles découlent les unes des autres, ce chapitre important du livre insiste sur l’amour, enracinement de la vie chrétienne et source parfaite de bonne santé spirituelle.

« Dès lors que je prends conscience que Dieu n’est pas en moi et que je ne suis pas en Dieu, je découvre que je suis malade ».

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Adam et Eve chassés du paradis, détail des Très riches heures du duc de Berry, par les frères de Limbourg, 15eme siècle, Musée Condé à Chantilly.

Le but du péché à travers la ruse du serpent dans le jardin d’ Eden est de briser l’inséparable relation avec Dieu, une relation fondée sur un amour véritable, de communion et non de fusion. Toute notre vie dépend d’une bonne santé spirituelle. Quel encouragement quand on ne cesse de se culpabiliser : penser que nous sommes indignes ou mauvais, que le péché est enraciné en nous et que nous ne pouvons rien faire pour lutter contre. Bien sûr que c’est possible avec le meilleur des alliés : notre Seigneur.

Dans cette troisième partie, Daniel Bourguet se réfère sans arrêt au personnage tourmenté de Caïn, le descendant d’Adam et Eve qui a fait une faute irrémédiable, fruit de son immense colère et de sa jalousie incontrôlable. Pourtant, Dieu continue de considérer ses émotions et il le guide.

Il faut  faire preuve d’un grand discernement (et c’est un don de Dieu) pour retrouver le chemin de la bonne santé spirituelle avec l’aide incontournable du Saint-Esprit. On ne peut discerner avec efficacité si on ne demeure pas en Dieu, il faut le chercher sans cesse.

Daniel Bourguet nous fait remarquer à quel point Dieu est un médecin aimant et bienveillant qui prend soin de notre rythme de guérison. Il sait mesurer l’intensité de lumière que nos yeux peuvent supporter pour discerner.

Deux remèdes s’imposent d’eux-même : l’amour et l’humilité, la greffe d’un cœur nouveau, une expression que j’aime bien et qui fait vraiment sens. Jésus est l’humilité même : il dit bien « ta foi t’a guéri »et jamais « je t’ai guéri » car la synergie de la guérison associe la foi, la collaboration de chacun. Même quand Dieu te guérit, il ne te force pas la main, il aime avoir une relation d’amour avec toi.

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Chapiteau roman du chevet d’une église de Clermont-Ferrand : Adam et Eve acquiescent aux mauvaises idées du diable.

Daniel Bourguet nous aide à comprendre la mécanique du péché en cinq étapes : la bête suggère, on accueille cette mauvaise pensée, on discute avec elle, on l’accepte et enfin on passe à l’acte. Plus tu tardes, plus le combat spirituel devient difficile: tout dépend d’acquiescer à la foi, au péché.

Quand on accompagne quelqu’un dans le cadre de la relation d’aide, Daniel Bourguet met en garde chacun contre le jugement à de nombreuses reprises. Jésus est le meilleur des thérapeutes, il connait le meilleur remède pour chaque individu et se sert d’évènements personnels marquants comme remèdes.

Je vous conseille vivement ce livre qui redonne l’espoir car il sonde au plus profond les cœurs d’une lumière unique, celle du Père dont le vrai plaisir est une relation vivante, profonde et intime avec chacun d’entre nous.

J’aime beaucoup lire les essais de deux psychologues Marcel Rufo et Boris Cyrulnik, parce qu’ils analysent avec une grande justesse des mécanismes humains : le sentiment d’abandon, la honte mais leurs lectures me laissent à chaque fois un sentiment pessimiste assez désagréable.

Les névroses et les abus sont dévoilés au grand jour, l’abcès est crevé si on peut dire mais je ne suis pas persuadée que ces personnes vont pouvoir être totalement guéries de leurs blessures, peut-être qu’elles rechuteront ou seront acculées par ces handicaps: la psychologie humaine atteint rapidement ses limites.

Alors que ce livre Les maladies de la vie spirituelle est un formidable espoir car Dieu est le meilleur des thérapeutes: toucher un bout du vêtement de Jésus ou une seule parole peuvent guérir :

Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Luc 7 verset 7.

Dieu a oint Jésus Christ d’Esprit Saint et de puissance. Actes 10 verset 38.

 

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Une année déja remplie d’articles et de partages avec vous !

Joyeux anniversaire ! Oh les cœurs fête sa première année d’existence.

Merci à chaque lecteur francophone qui lit ce blog aux quatre coins du monde grâce au rayonnement de mon partenaire le portait numérique Regards protestants et sa rédactrice en chef bienveillante. Ce blog est une formidable aventure rédactionnelle qui me permets d’approfondir des recherches, découvrir des talents et des pépites.

Merci à chaque personne qui m’a adressé un commentaire encourageant sur mes articles, pour chaque rencontre intéressante avec un éditeur, qui était content qu’on fasse l’éloge de son livre. Si vous voulez suivre régulièrement les articles de ce blog, c’est possible de le faire en s’abonnant dans l’onglet Suivre ce blog dans la colonne de droite.

Oh les cœurs c’est un leitmotiv personnel avec mon conjoint, se dire d’accord la vie est parfois lourde et rugueuse mais fixe ton regard sur Jésus et ses grâces pour chacun, c’est ça la priorité dans nos vies.

Pour conclure, je laisse la parole à Alain Auderset, le meilleur ambassadeur-dessinateur de l’ Évangile.

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Planche dessinée de Idées reçues, Alain Auderset,2001

 

La construction de l’estime de soi, enjeu d’éducation

think-positiveApprochant la trentaine, mes centres d’ intérêt en terme de lecture évoluent (et même s’améliorent) exit les articles superficiels de Cosmopolitan ou bien Biba, place aux livres profonds et constructifs avec même une note d’humour et une pointe d’autodérision.

J’ai commencé à me constituer un panthéon de livres de qualité sur l’éducation, pas uniquement pour me projeter avec des enfants mais aussi pour mieux écouter et comprendre les différents enfants dont j’ai été la baby-sitter ou encore les jeunes adolescents de ma famille.

La tête de liste est Bébé made in France, quels sont les secrets de notre éducation? de Pamela Druckerman, édité par Flammarion en 2013. Je l’avais découvert à travers une grande enquête du magazine Elle et elle avait rencontré un franc succès à ONPC, l’émission de Laurent Ruquier, avec Natacha Polony, spécialiste de l’éducation.

Cet essai où elle mêle sa propre expérience avec des éléments de recherches anthropologiques est passionnant : cette New-yorkaise admire tellement notre modèle d’éducation qu’elle l’adopte par acculturation en étant sans concession sur ses erreurs passées.

Avec son style drôle et attachant, elle nous explique comment nous procédons sans même nous en rendre compte, fruit d’un héritage éducatif issus des Lumières : l’ Emile de Rousseau et de Françoise Dolto. J’aime lire et relire ce livre qui est bien plus qu’un livre sur l’éducation des bébés, à travers les très nombreux témoignages de personnes interrogées, il reflète le processus de socialisation de toute une vie de deux cultures bien différentes.

Bien déçue que Pamela Druckermann n’ait pas écrit de nouveau livre tant son style direct et son analyse pointue m’avait séduite, je trouve une nouvelle pépite grâce à Facebook et à un entretien courageux publié dans Le Figaro, le 6 février dernier. Thérèse Hargot, sexologue en cabinet qui intervient aussi dans un grand lycée parisien catholique, présente son livre Une jeunesse sexuellement libérée ou presque chez Albin Michel.

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Autant Bébé made in France est rassurant parce que les parents ont la liberté de leurs choix d’éducation quand les enfants sont touts petits, autant l’essai de Thérèse Hargot est une mise en garde des diktats de la société qui influencent la sexualité des jeunes adolescents.

Les éléments qu’elle constate lors de ses consultations en lycée sont alarmants : des adolescentes de 13 ans qui lui demandent son avis sur les plans à trois par exemple. Dans l’entretien qui présente son livre, Thérèse Hargot déplore l’impact de la pornographie qui brise des imaginaires encore immatures et qui porte un coup terrible à l’estime de soi.

Au lieu d’être libres, les adolescents sont anxieux d’échouer sexuellement tant le culte de la performance et de la réussite est présent. Les articles de magazines féminins que je lisais prônent de garder le contrôle, être « bon au lit » ce qui conduit à une relation déshumanisée où l’on peut arriver à se servir de l’autre, parce que l’objectif majeur est le plaisir individuel, la jouissance.

Toutes les expériences sont bonnes à prendre,  les tabous explosent : céder au charme de la fille de dix-sept ans de son meilleur ami est tout à fait envisageable au cinéma. Le film Un moment d’égarement avec Vincent Cassel, François Cluzet, dont les producteurs ont même oublié de citer le nom des deux jeunes actrices sur l’affiche-dans un moment d’égarement- est révélateur de l’évolution des mœurs. Ces filles du film se comportent comme des femmes libérées sans en avoir la maturité affective.

La société contemporaine donne les clés aux adolescents pour entrer dans la sexualité le plus tôt possible sans en avoir les codes affectifs. Thérèse Hargot estime que les cours de philosophie sont beaucoup plus importants que ceux d’éducation sexuelle.

Se construire comme des hommes et des femmes, développer une estime de soi permet aux adolescents d’être capables d’entretenir des relations de qualité les uns avec les autres. Séduire un temps est une chose, entretenir une relation humaine d’amitié et de passion amoureuse toute une vie, s’engager avec la personne que l’on aime en est une autre.

Mai 1968 a cassé cela, pour moi c’est un piège à cons pour l’harmonie durable des relations hommes et femmes. On jette l’autre quand il devient vieux au profit d’une fille jeune et fraîche dans le cas du film Un moment d’égarement comme n’importe quel produit de consommation.

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Gleeden et ses publicités heurte les gens. Une main anonyme a écrit : « Si vous souhaitez rompre toute confiance dans votre couple. Mieux vaut rompre tout court ».

L’adultère est banalisé dans la plupart des films français alors qu’il est vu dans les comédies américaines comme un sérieux coup de canif au contrat qui nécessite la rédemption du conjoint en faute et que le couple suive le chemin d’un grand parcours du combattant pour réparer ce qui a été brisé. Dans son blog, Thérèse Hargot publie le témoignage d’une femme victime de l’adultère car elle recueille l’expression de la souffrance de familles dans son cabinet, la thérapie sert à panser des blessures à vif.

Cet essai Une jeunesse sexuellement libérée ou presque est une bonne nouvelle pour les parents d’adolescents. Il aiguise la curiosité des grands médias presse et télévision, héritiers de Mai 68 comme le Grand journal,Salut les terriens de Canal plus, Thérèse Hargot révolutionne le cliché de la conseillère d’éducation sexuelle au discours puritain cantonnée aux magazines consacrés à la famille.

Un éditeur de Saint-Germain des Près, Albin Michel, publie son essai en lui laissant une liberté de ton totale comme en témoigne les titres sans concession de son sommaire.

Divisé en dix grands chapitres : La tyrannie du porno, Le couple, nouvelle idole des jeunes. Être ou ne pas être homosexuel telle est la question à ne pas se poser, Sortez couverts ou l’éducation aux dangers, Mon corps m’appartient, à vous aussi, Contraception je t’aime moi non plus, Avortement le SAV de la contraception, Retour aux stéréotypes de genre au temps de l’égalité, Parent copain, parent absent et enfin Être une femme libérée tu sais… cet essai remet en cause avec des arguments bien construits, étayés par de très nombreux témoignages et une solide expérience du terrain, un héritage de Mai 1968 : la libéralisation sexuelle qui aliène beaucoup plus qu’elle n’épanouit la jeune génération.

Voici,pour conclure, une courte revue de presse, reflet du retentissement de cet essai dans les médias français ainsi que l’annonce de la nouvelle saison de Fais pas ci, fais pas ça sur France 2 où deux familles les Lepic et les Bouley incarnent l’adhésion ou la réaction à l’héritage de Mai 1968 dans le domaine de l’éducation des enfants.

Article de Thérèse Hargot, L’infidélité selon Gleeden, une marchandise comme une autre? hebdomadaire la Vie, 9 septembre 2014 : http://www.lavie.fr/actualite/societe/l-infidelite-selon-gleeden-une-marchandise-comme-une-autre-09-09-2014-55992_7.php

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